Make ou Zapier, selon ce que vous reliez
Les 2 relient vos logiciels sans développeur. Ils ne comptent pas de la même façon, et n'hébergent pas vos données au même endroit. Le comparatif, avec les faits lus sur leurs sites.
Mis à jour le 5 octobre 2026 · 10 minutes de lecture
Make et Zapier sont 2 outils d'automatisation sans code. Ils relient vos logiciels entre eux : une information saisie dans l'un arrive seule dans l'autre, sans développeur et sans ressaisie. Un devis accepté crée une facture, une facture payée met à jour un tableau de suivi.
Pour une petite entreprise, le choix entre Make et Zapier se joue d'abord sur 2 points : ce que chacun facture, et l'endroit où passent vos données. La façon de construire vient ensuite. Les faits cités ont été lus sur les sites des 2 éditeurs entre le 2 et le 5 octobre 2026. Les autres façons de relier vos outils sont dans le dossier Automatisation.
Si vous ne savez pas encore quoi relier, partez des exemples d'automatisation des processus : le choix de l'outil vient après celui de la tâche.
Make et Zapier en un tableau
Les 2 outils font le même métier, avec un vocabulaire et des règles différents. Chez Zapier, une automatisation s'appelle un Zap : un déclencheur, puis des actions. Chez Make, qui s'appelait Integromat, elle s'appelle un scénario : des modules reliés sur un schéma.
| Critère | Make | Zapier |
|---|---|---|
| Unité facturée | Le crédit : chaque passage d'un module | La tâche : chaque action réussie |
| Le déclencheur | Compte, à chaque vérification | Ne compte pas |
| Offre gratuite | 1 000 crédits par mois, 2 scénarios actifs, 15 minutes au moins entre 2 exécutions planifiées, sans limite de durée | 100 tâches par mois, des Zaps limités à 2 étapes |
| Offres payantes | Core, Pro, une offre pour les équipes, puis Enterprise sur devis | Professional, Team, puis Enterprise sur devis |
| Applications annoncées | Plus de 3 000 | Plus de 9 000 |
| Hébergement des données | Union européenne ou États-Unis, à choisir à la création du compte | États-Unis |
| Construction | Un schéma, avec routeurs et filtres dès l'offre gratuite | Une suite d'étapes, au-delà de 2 étapes avec l'offre Professional |
Les prix changent souvent : nous ne les recopions pas. Les pages de tarifs des 2 éditeurs sont citées en bas de cet article, avec leur date de lecture.
Ce que chacun facture
Zapier compte les actions réussies, Make compte chaque passage d'un module. La différence paraît mince. Elle décide de votre consommation, donc de l'offre qu'il vous faut.
Chez Zapier, une tâche est une action menée à bien. Le déclencheur ne compte pas, ni les étapes de filtre ou d'embranchement, ni une action qui échoue, ni les outils internes de mise en forme ou de délai.
Chez Make, une opération est un passage de module, pour traiter une donnée ou pour vérifier s'il y en a une nouvelle. Pour les applications sans IA, une opération consomme un crédit. Un module qui envoie 5 mails fait 5 opérations, et le déclencheur compte à chaque vérification, même quand il ne trouve rien.
Prenons un exemple type. Chaque devis accepté doit créer une facture, ajouter une ligne au tableau de suivi et envoyer un mail au client : 3 actions. L'entreprise signe 40 devis par mois.
| Ce qui est compté | Make | Zapier |
|---|---|---|
| Les 3 actions, 40 fois par mois | 120 crédits | 120 tâches |
| Le déclencheur, s'il vérifie toutes les 15 minutes | 2 880 crédits sur un mois de 30 jours | 0 tâche |
| Le déclencheur, si votre logiciel le prévient | 40 crédits | 0 tâche |
Le même flux consomme donc 160 ou 3 000 crédits chez Make, selon la façon dont il part. Chez Zapier, il consomme 120 tâches dans les 2 cas.
Face aux offres gratuites, le résultat change selon le réglage. Avec un déclencheur instantané, les 160 crédits tiennent dans les 1 000 crédits gratuits de Make. Avec une vérification toutes les 15 minutes, ils sont dépassés. Chez Zapier, ce flux sort de l'offre gratuite dans tous les cas : il compte plus de 2 étapes, et 120 tâches dépassent les 100 comprises.
La règle pratique, chez Make : réglez la fréquence sur le besoin réel. Une vérification par heure consomme 720 crédits par mois, 4 fois moins qu'une vérification toutes les 15 minutes. Si le tableau de suivi sert ensuite à un rapport mensuel, voyez comment automatiser son reporting : c'est un autre calcul.
Le dépassement ne se gère pas non plus de la même façon. Chez Make, les scénarios s'arrêtent quand les crédits du mois sont épuisés, jusqu'à l'ajout de crédits, avec une alerte à 75 % puis à 90 % de la consommation. Chez Zapier, les tâches en plus peuvent être facturées à part, jusqu'à 3 fois la limite de l'offre. Au-delà, ou sans cette option, les exécutions sont retenues jusqu'à la fin du cycle.
Un flux qui fait appel à l'IA, comme un agent IA de prospection, se calcule à part. Chez Make, les fonctions d'IA intégrées consomment des crédits selon les jetons utilisés.
La façon de construire
Zapier enchaîne des étapes, Make relie des modules sur un schéma. Chez Make, il faut en plus comprendre ce qu'est un lot de données pour prévoir sa consommation.
Un Zap est une suite d'étapes : un déclencheur, puis des actions. L'offre gratuite s'arrête à 2 étapes, un déclencheur et une action. Dès qu'un flux en demande davantage, il faut l'offre Professional, qui ouvre aussi les webhooks et les applications Premium.
Un scénario Make est un schéma : chaque module est relié au suivant. Les routeurs, qui envoient une donnée sur plusieurs branches, et les filtres sont compris dès l'offre gratuite. En contrepartie, chaque module passe une fois par lot de données, et chaque passage se paie : un flux qui traite 200 lignes fait tourner 200 fois chacun des modules qui suivent le déclencheur.
Si personne n'a ce temps dans l'équipe, une agence experte de Make construit les scénarios à votre place. Demandez-lui dans quelle région elle crée votre organisation, et à quel nom : chez Make, celui qui la crée en devient le propriétaire.
Vos logiciels sont-ils reliés ?
Zapier annonce plus de 9 000 applications, Make plus de 3 000. Ce chiffre vous concerne peu : seule compte la présence de vos propres logiciels, et ce que leur connecteur sait faire.
Un logiciel de facturation français peut figurer dans une liste sans figurer dans l'autre. Cherchez chacun de vos logiciels dans les 2 listes, et notez ce que le connecteur permet : créer une fiche, la lire, la modifier.
Un logiciel absent des 2 listes peut encore se relier s'il dispose d'une API, une porte d'entrée prévue pour les autres logiciels. Make sait l'appeler avec son application HTTP. Chez Zapier, les webhooks demandent l'offre Professional.
Où passent vos données
Make vous fait choisir une région à la création du compte : Union européenne ou États-Unis. Zapier héberge les données de ses clients aux États-Unis, sans option européenne.
- Make fixe la région à la création de votre organisation. Ce choix désigne le centre de données qui stocke et traite vos données, et il ne se modifie plus ensuite.
- Zapier héberge aux États-Unis les données de ses clients, données personnelles comprises, et ne propose pas de stockage limité à l'Union européenne. L'éditeur déclare être certifié au titre du Data Privacy Framework, le cadre de transfert de données entre l'Union européenne et les États-Unis.
Dans les 2 cas, l'outil traite des données personnelles pour votre compte. Le RGPD en fait votre sous-traitant, et son article 28 demande un contrat qui fixe l'objet, la durée, la nature et la finalité du traitement.
Les fichiers de prospects sont dans le même cas que ceux des clients : qui veut automatiser sa prospection commerciale fait passer des données personnelles dans l'outil. Si vos flux en transportent, la région européenne de Make évite la question du transfert hors de l'Union.
Make ou Zapier : lequel choisir selon votre cas
Le choix se fait sur le flux à relier : ses logiciels, son volume, ses données. Aucun des 2 ne gagne dans tous les cas.
| Votre situation | Le choix adapté | Pourquoi |
|---|---|---|
| Un de vos logiciels n'a de connecteur que chez l'un des 2 | Celui-là | Sans connecteur, le reste de la comparaison ne sert à rien |
| Quelques liaisons simples, à une seule action | Zapier | Le déclencheur ne compte pas, et un Zap à 2 étapes tient dans l'offre gratuite |
| Des données de clients ou de salariés | Make, en région européenne | Les données restent dans l'Union européenne |
| Un flux à plusieurs branches | Make | Routeurs et filtres sont compris, et le schéma reste lisible |
| Un flux qui tourne des centaines de fois par mois | À calculer | Comptez vos tâches d'un côté, vos crédits de l'autre, puis lisez les 2 grilles de tarifs |
Pour la dernière ligne, le calcul se fait en 2 temps. Comptez les exécutions par mois, puis les actions par exécution, et multipliez : vous avez vos tâches Zapier. Ajoutez les vérifications du déclencheur : vous avez une première estimation de vos crédits Make.
Quel que soit l'outil, désignez la personne qui recevra les alertes d'erreur. Un flux s'arrête le jour où un logiciel relié change, et sans alerte, vous l'apprenez par un client. Si un outil installé sur votre propre serveur vous tente, lisez Make face à un outil auto-hébergé.
Quand aucun des 2 ne suffit
Make et Zapier relient des logiciels qui savent déjà communiquer. Ils s'arrêtent là où vos outils, ou vos règles, sortent de ce cadre.
- Le logiciel ne communique pas. Un logiciel métier ancien, installé sur un seul poste et sans API, n'apparaît dans aucune des 2 listes, et aucun des 2 ne sait l'appeler.
- La règle est trop particulière. Un calcul de prix à 10 exceptions se décrit mal en modules ou en étapes. Le flux devient illisible, et plus personne n'ose y toucher.
- Le tableau de suivi est devenu le problème. Quand le fichier qui reçoit la dernière étape déborde, la question devient de le remplacer, et le choix d'un autre outil se fait sur l'usage du fichier.
- La tâche demande un jugement. Relire, arbitrer ou décider ne se met pas en flux. Une tâche de ce genre se confie à une personne : c'est le champ de l'externalisation de la gestion administrative.
Avant d'ouvrir un abonnement, chiffrez la tâche. Le calculateur du coût administratif dit ce qu'elle vous coûte par an, avec vos durées et vos salaires. Une tâche qui coûte peu ne justifie ni Make ni Zapier. Si vous cherchez plutôt à baisser vos achats, voyez ce que fait le conseil en réduction des coûts.
MEI Group outille les TPE et les PME, de 1 à 50 salariés. Faut-il commencer par un diagnostic ? C'est ce que nous conseillons, parce qu'il évite de construire la mauvaise chose. Vous recevez un rapport écrit, qui dit ce qui bloque, ce que vous pouvez corriger dès la semaine suivante, et ce qu'il faudrait construire, chiffré, à court, moyen et long terme. Pour une automatisation simple et bien définie, un premier échange de 45 minutes peut suffire.
Le prix d'une automatisation entre vos logiciels commence à 1 200 € HT, au forfait, sur un périmètre écrit avant de commencer. Nous relions les logiciels que vous utilisez déjà pour qu'une tâche répétée chaque semaine se fasse seule : le devis accepté qui devient une facture, la relance qui part à la bonne date.
Vous avez un projet, ou besoin d'un diagnostic ? Contactez-nous directement.
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